fév 252010
 

TALENCE. La catastrophe nucléaire de Tchernobyl revisitée par l’amour

Amour de fin du monde


Frédérick Diot (au centre) reconstitue le drame de Tchernobyl au cinéma. Il tourne sur trois sites en Gironde cette semaine. (PHOTO PHILIPPE TARIS)

«Cette ville était la Pompéi ukrainienne, la plus moderne, la mieux équipée, qui se retrouve abandonnée au top de sa modernité… pour 900 ans ! » Frédérick Diot tourne en Gironde, tout au long de cette semaine, un court-métrage intitulé « La grande roue de Pripiat ». Le jeune apprenti réalisateur, qui vient de terminer son mastère de création d’images à l’Isic (Université de Bordeaux 3) compte à son actif quelques courts-métrages présentés lors des soirées kino-session à la faculté.

Son nouveau projet, soutenu par le ministère de la Jeunesse et des Sports (Envie d’agir), par le Crous de Bordeaux, le Fonds de soutien à l’initiative étudiante et Défi jeunes, lui a permis de collecter 5 000 euros de subventions. Trois acteurs, un chef opérateur et un chef décorateur professionnels, participent à ce film dont le tournage, entamé dimanche, se terminera samedi, entre la ville de Talence, le campus universitaire et la forêt de Castelnau-de-Médoc.

Un choc

À la base, l’émotion que le drame de Tchernobyl a suscitée chez le jeune homme. L’action se passe à Pripiat (en Ukraine), la ville la plus proche de cette centrale nucléaire dont un réacteur nucléaire avait explosé, en 1986. « C’est l’histoire d’un couple qui vit là. L’idée est de raconter une histoire d’amour qui se passe mal, le jour même de l’évacuation de la ville, alors que la femme a disparu. »

Hier après-midi, le tournage s’effectuait autour du bassin extérieur de la piscine de Thouars, à Talence, un bassin sans eau l’hiver, dans lequel on a savamment dispersé des feuilles mortes. « C’est le côté abandonné de la ville qui me passionne dans ce film. À Pripiat, on se trouve dans un endroit où l’homme n’a plus à poser les pieds. J’ai vu toutes les photos de cette ville et je l’ai visitée virtuellement sur Internet. Ce qui frappe, c’est le silence total. »

Histoire d’amour

« Ce court-métrage est une histoire d’amour loin des stéréotypes soviétiques, mais parlant aussi de cette fin d’époque où les moeurs commençaient à se libérer. Lui était instituteur, plus conventionnellement soviétique. Elle, journaliste, plus critique sur le régime. » Ces images d’un amour de fin du monde seront rehaussées par une scène consacrée aux « liquidateurs », ces héroïques soldats soviétiques envoyés par centaines afin de dégager les gravats du toit du réacteur en fusion. « Nous proposons une scène où trois liquidateurs posent un drapeau sur la centrale ; eux aussi sont morts ! »

La forêt de Castelnau, commune dont est originaire Frédérick Diot, servira de décor au retour du personnage principal dans la ville abandonnée, avec son parc pour enfants et sa grande roue définitivement immobile.

Auteur : Patrick Faure

mai 232009
 

La toute nouvelle troupe du Théâtre furieux de Cenon, propose samedi 23 mai à 20 h 30 et dimanche 24 à 15 heures, salle Simone-Signoret, une pièce écrite par Bruno Gallisa et mise en scène par Patrick Swale, « Te quiero ». Que tous ceux qui aiment le grand Pedro Almodovar se réjouissent, l’histoire croisée de quatre personnages qui vont s’aimer, se détester et se haïr a pour toile de fond les films du réalisateur espagnol. Histoire d’amour et de déchirements qui rythment la rencontre de ces personnages en quête d’identité. Apprendre à s’apprivoiser ou à se défaire des liens, voilà une histoire d’hommes qui se sentent femmes et de femmes qui cherchent la vie et portent l’espoir.

Comédien et acteur, Bruno Gallisa souhaitait écrire un spectacle où danse, musique et théâtre s’entremêlent. « Pour moi, il n’y a pas plus porteur que la musique et des corps qui s’expriment sur ce rythme, mais je voulais parler aussi de Pedro Almodovar dont j’aime l’oeuvre et sa constante évolution vers autre chose tout en restant fidèle à lui-même. »

Parcours théâtral

Patrick Swale, président du Théâtre furieux, qui assure la mise en scène, n’est pas novice en la matière. Il fait du théâtre depuis l’âge de 17 ans, et a monté un certain nombre de pièces dont « Huis clos » de Sartre, « Les Précieuses ridicules » de Molière et bien d’autres. Il fit partie longtemps du Théâtre Alizé à Cenon. « Notre compagnie est toute jeune, pas tout à fait deux ans, mais nous sommes très enthousiastes et nous souhaitons nous implanter sur la rive droite et plus particulièrement à Cenon dont la municipalité met fort aimablement une salle à disposition trois fois par semaine. Nous voulons être tout simplement une sorte de complément culturel et théâtral aux troupes existantes », confie ce dernier. « Te quiero » est le deuxième spectacle monté par la troupe mais sans doute le plus important, d’autant que ce sera la grande première samedi soir.

C’est dire si tous sont dans les starting-blocks avec néanmoins un trac fou. Il est à noter que Patrick Swale travaille en collaboration avec le lycée professionnel Lomet, à Agen, et plus particulièrement cette fois-ci avec Aurélie Fraysse qui a réalisé les costumes.

Tarifs de 6 à 8 euros. Réservation au 06 75 23 77 86.
Auteur : Chantal Sancho

mai 222009
 

Le journal Sud ouest a fait un article sur le film ESCORTE dont je vous propose la lecture ici.

Le tournage commence ce jeudi matin, dans un appartement de Saint-Pierre. Il se poursuivra, jusqu’au 6 juin, entre un hôtel libournais et le parc ou les bâtiments de la fac de sciences, à Talence.

Ces lieux vont voir apparaître une mini-caméra DV, une perche, un projecteur, un chariot de travelling, et, au centre de cet attirail ambulant, une petite troupe largement étudiante : les trois comédiens principaux sont des comédiens en formation, les deux assistantes du réalisateur sont inscrites en mastère cinéma (Bordeaux 3), les trois scriptes sont étudiantes à Bordeaux 1, l’éclairagiste et le preneur de son font leurs armes en BTS audiovisuel… et leur chef d’équipe, le « réal », est étudiant en troisième année de physique-chimie, à Bordeaux 1. Ludovic Lescieux, 22 ans, passionné de réalisation, porte ce projet depuis plus d’un an. « Ayant peu d’expérience, j’ai décidé de me créer ma propre expérience », observe-t-il avec énergie.

Petit budget de 5 200 euros

Pour ce premier film, intitulé « Escorte », l’aspirant-cinéaste a choisi un sujet caché, difficile à mesurer : la prostitution étudiante. « J’ai beaucoup travaillé avec la sociologue Éva Clouet, spécialisée sur ce thème, mais aussi à partir de livres de témoignages ou de rapports, parfois controversés, d’organisations syndicales étudiantes. Autre source, à ma grande surprise : le bouche-à-oreille. Je n’ai pas eu trop de mal à trouver des étudiantes qui ont été confrontées à cette expérience… La prostitution étudiante n’a rien à voir avec la prostitution traditionnelle, le trottoir. Elle est souvent occasionnelle et passe par le Net. »

Ludovic a imaginé l’histoire de Mathilde, brillante étudiante qui veut devenir astrophysicienne mais manque d’argent. Le baby-sitting sera une première parade à la galère, mais cette option lui rapporte peu, tout en lui coûtant beaucoup de son temps, notamment de son temps de révision. Soumise à un contre-la-montre pour régler des loyers impayés, Mathilde devient escorte. Une fois, deux fois… sans mesurer qu’elle paiera cash, au moment des révisions pour les examens, le coût psychologique de cette activité. « J’essaie d’avoir une approche nuancée de mon sujet. Par exemple, il y a parmi mes personnages, une étudiante qui a choisi la prostitution, pour rompre, psychologiquement, avec un milieu familial et une éducation très stricts qui l’ont fait souffrir. »

Ce film de 52 minutes sera montré l’an prochain dans les quatre universités du campus. Et peut-être, selon sa qualité, dans quelques salles de l’agglo. Il faut voir le résultat, mais Ludovic inspire plutôt confiance, par sa réflexion et par sa détermination. Laquelle lui a permis de rassembler, pour financer ce tournage, un petit budget de 5 200 euros grâce aux aides du Crous, de Bordeaux 1, de la mairie de Talence, de Bordeaux IV, et de Jeunesses et Sports.
Julien Rousset

juil 302007
 

Le quotidien sud ouest nous fait l’honneur d’un petit reportage pendant le tournage de la série « Entretiens d’embauche »

3 acteurs pour 24 personnages

Entretien d’embauche

« On reconnaît la jolie bâtisse du boulevard Beauséjour. Un plan du précédent court métrage de Pascal Coureau mettait en scène la maison du docteur Mora, qui l’a une nouvelle fois prêtée à son patient. Ce n’est plus la façade qui intéressait le cinéaste libournais mais une pièce au plafond haut, ce dont regorge le bâtiment.
On y retrouve Patrick Volto et Christophe Scarton, de part et d’autre d’un bureau. L’un est chef d’entreprise, l’autre postule à une place dans celle-ci. Le candidat a un CV long comme une étape de Tour de France sans cas de dopage. Un chimiste. Le patron est passionné par son parcours, et ils se lancent tous les deux dans une discussion fiévreuse de passionnés… à la fin de laquelle l’employeur s’exclame : « Mais je ne peux pas vous embaucher, vous avez un CV trop riche ! »

Equipe. Le ton des 12 saynètes est de cet acabit, oscillant entre la comédie grinçante et la parodie sarcastique. Au départ était une pièce de théâtre, commande de la Chambre de commerce et d’Industrie de Libourne destinée à rapprocher le monde de l’entreprise et celui des demandeurs d’emploi. La pièce a été jouée le 26 juin dernier aux Billaux, devant ce public de patrons et de jeunes en recherche.
Mais l’idée a fait son chemin jusqu’à Agen, où l’équipe de Prodcast s’est intéressée au texte de Pascal Coureau. La décision d’en faire un film a été prise, et nous voilà en ce dimanche 29 juillet avec deux coréalisateurs (Pascal Coureau et Jean Pecci), un ingénieur-son (Bruno Motte), un technicien audiovisuel qui s’occupera aussi de la post-production (Alexandre Maraud), et bien sûr les acteurs.

Galerie de personnages. Au deux déjà cités, il faut ajouter Leïla qu’on avait déjà vue dans le spectacle de la compagnie théâtrale Sine qua non, « Antropios » à l’automne dernier. Une femme, deux hommes : plein de possibilités pour ces « sketches » d’une minute tournés hier. « Il s’agit de montrer de manière amusante les différentes facettes d’un entretien, en forçant un peu le trait », explique Pascal Coureau.
De la fille du président de conseil général qui se fout de son embauche (comme si…) au désespéré pour qui elle est cruciale, du surfeur qui arrive avec sa planche à l’entretien au patron radin, de la beurette refusée à la promotion canapé testée, les situations sont de comédie mais sont issues du vécu. Hier après-midi, le tournage avait pris quelque peu de retard, et les prises de vues allaient durer une bonne partie de la soirée. Le court métrage devrait être fini pour septembre. Il s’agira alors de chercher à le faire connaître. »

Yannick Delneste, Sud Ouest du Lundi 30 juillet 2007