TALENCE. La catastrophe nucléaire de Tchernobyl revisitée par l’amour
Amour de fin du monde

Frédérick Diot (au centre) reconstitue le drame de Tchernobyl au cinéma. Il tourne sur trois sites en Gironde cette semaine. (PHOTO PHILIPPE TARIS)
«Cette ville était la Pompéi ukrainienne, la plus moderne, la mieux équipée, qui se retrouve abandonnée au top de sa modernité… pour 900 ans ! » Frédérick Diot tourne en Gironde, tout au long de cette semaine, un court-métrage intitulé « La grande roue de Pripiat ». Le jeune apprenti réalisateur, qui vient de terminer son mastère de création d’images à l’Isic (Université de Bordeaux 3) compte à son actif quelques courts-métrages présentés lors des soirées kino-session à la faculté.
Son nouveau projet, soutenu par le ministère de la Jeunesse et des Sports (Envie d’agir), par le Crous de Bordeaux, le Fonds de soutien à l’initiative étudiante et Défi jeunes, lui a permis de collecter 5 000 euros de subventions. Trois acteurs, un chef opérateur et un chef décorateur professionnels, participent à ce film dont le tournage, entamé dimanche, se terminera samedi, entre la ville de Talence, le campus universitaire et la forêt de Castelnau-de-Médoc.
Un choc
À la base, l’émotion que le drame de Tchernobyl a suscitée chez le jeune homme. L’action se passe à Pripiat (en Ukraine), la ville la plus proche de cette centrale nucléaire dont un réacteur nucléaire avait explosé, en 1986. « C’est l’histoire d’un couple qui vit là. L’idée est de raconter une histoire d’amour qui se passe mal, le jour même de l’évacuation de la ville, alors que la femme a disparu. »
Hier après-midi, le tournage s’effectuait autour du bassin extérieur de la piscine de Thouars, à Talence, un bassin sans eau l’hiver, dans lequel on a savamment dispersé des feuilles mortes. « C’est le côté abandonné de la ville qui me passionne dans ce film. À Pripiat, on se trouve dans un endroit où l’homme n’a plus à poser les pieds. J’ai vu toutes les photos de cette ville et je l’ai visitée virtuellement sur Internet. Ce qui frappe, c’est le silence total. »
Histoire d’amour
« Ce court-métrage est une histoire d’amour loin des stéréotypes soviétiques, mais parlant aussi de cette fin d’époque où les moeurs commençaient à se libérer. Lui était instituteur, plus conventionnellement soviétique. Elle, journaliste, plus critique sur le régime. » Ces images d’un amour de fin du monde seront rehaussées par une scène consacrée aux « liquidateurs », ces héroïques soldats soviétiques envoyés par centaines afin de dégager les gravats du toit du réacteur en fusion. « Nous proposons une scène où trois liquidateurs posent un drapeau sur la centrale ; eux aussi sont morts ! »
La forêt de Castelnau, commune dont est originaire Frédérick Diot, servira de décor au retour du personnage principal dans la ville abandonnée, avec son parc pour enfants et sa grande roue définitivement immobile.
Auteur : Patrick Faure
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